Greenhouse est le nom de la plateforme en question. Elle est classée numéro 1 mondial dans 46 rapports clés de la plateforme G2 (été 2026), notamment pour les systèmes de suivi des candidatures sur les segments des grandes entreprises et du marché intermédiaire. Elle fait face à des tensions liées à la crise du marché du travail, marquée par une surabondance de candidatures générées par l'IA, des annonces de postes fictifs (« ghost jobs » ou emplois fantômes) et des tentatives d'escroqueries par hameçonnage usurpant son nom. L’intégration de la technologie dans les processus de recrutement, et notamment de l’intelligence artificielle, soulève des questions similaires à celles qui ont fait surface dans la filière de l’éducation : faut-il revenir aux processus de recrutement classiques (CV et dossiers de candidatures montés à la main, entrevues de sélection menées par des humains, etc.) ?Les demandeurs d'emploi utilisent des outils d'automatisation tels que LazyApply et LifeShack pour remplir et envoyer automatiquement leurs candidatures sur Greenhouse et les plateformes offrant des services similaires.
« Il suffit de faire une recherche sur Google pour trouver des outils qui, comme l'annoncent leurs publicités, utilisent l'IA pour postuler automatiquement à toutes les offres d'emploi sur Greenhouse. Il suffit d'acheter cet outil, qui coûte environ 20 dollars, pour pouvoir envoyer des candidatures à tout va à autant d'offres que l'on veut », explique le responsable de la plateforme d'offres d'emploi.
Le PDG de Greenhouse est d’avis que « l’intelligence artificielle n’améliore pas les processus de recrutement. C’est plutôt l’inverse » et s’explique sur une série de points :
La filière du recrutement est bloquée dans un cercle vicieux animé par les outils d’intelligence artificielle
Les candidats utilisent des outils d’intelligence artificielle pour postuler en masse et personnaliser leurs CV, ce qui engorge les bases de données de candidatures et empêche les recruteurs d'évaluer de manière raisonnable chaque dossier.
Depuis le lancement de ChatGPT en 2022, les candidats ont de plus en plus recours à l'IA pour automatiser et personnaliser leurs CV, tandis que les recruteurs peinent à garantir la qualité des embauches face à un volume de candidatures écrasant.
Pour gérer ce volume, les recruteurs s'appuient sur des automatisations basées sur l'IA qui filtrent une grande partie des candidats, ce qui incite ces derniers à multiplier encore davantage les candidatures. Ce cercle vicieux détériore l'expérience des deux parties et nuit à l'efficacité du recrutement.
L’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus de recrutement mène au dilemme quantité contre qualité
Bien que le nombre d’offres d’emploi continue d’augmenter, en particulier dans le secteur des technologies, le volume écrasant et l’homogénéisation des CV générés par l’IA nuisent à la qualité des profils. Les candidats se ressemblent de plus en plus, ce qui rend plus difficile l’identification des véritables talents. Le problème qui en résulte, celui de « l’aiguille dans la botte de foin », frustre tant les recruteurs que les candidats, exacerbant ainsi les inefficacités systémiques.
L’utilisation de l’IA dans le processus de recrutement induit une crise de confiance
L’implémentation des artifices de tromperies par les candidats est très répandue, près de la moitié d’entre eux admettant avoir recouru à des techniques telles que l’injection de réponses pour contourner les filtres d’IA. La prolifération des entretiens assistés par l’IA, notamment des outils générant des réponses en temps réel, brouille les frontières entre aide légitime et tricherie. Du côté des intentions malveillantes, les cas de fraudes sophistiquées menées par des acteurs soutenus par des États cherchant à infiltrer des postes d’ingénieurs à distance ajoutent une nouvelle dimension en matière de sécurité, soulignant la nécessité d’une vérification d’identité rigoureuse.
Face à la prolifération de CV générés par l'IA et aux candidatures en masse, certains recruteurs reviennent à des méthodes analogiques — comme le format papier ou des tests physiques
Cette tendance de l'ancienne école vise à contrer la fraude, le manque d'authenticité et l'infinité de profils créés par les robots. C’est ainsi que de petites et moyennes structures abandonnent parfois les portails numériques pour imposer des dépôts physiques ou des candidatures directes. Sim Bhatia, responsable des opérations humaines chez Reality Defender, une entreprise qui détecte les "deepfakes", explique qu'elle n'utilise pas d'outils d'IA pour évaluer les candidats, car ces outils ne sont pas matures. « Pour l'instant, les outils ne sont pas aussi utiles qu'ils sont risqués », dit-elle. Bhatia a expliqué qu'elle examine elle-même les candidatures, en consultant les CV et en sélectionnant les candidats par téléphone, ce qui lui prend environ 10 heures par semaine, alors que la petite équipe de l'entreprise cherche à s'étoffer. Toutefois, comme beaucoup d'autres recruteurs, elle n'écarte pas le potentiel de l'avenir.
L'avenir de l'IA dans le recrutement reste incertain. Bien qu'elle offre des avantages potentiels, il reste des obstacles importants à surmonter avant qu'elle ne devienne un outil fiable et digne de confiance. Comme de plus en plus d'outils d'IA générative sont intégrés dans les systèmes utilisés par les recruteurs, ces derniers sont encore en train d'apprendre où l'IA fonctionne et où elle ne fonctionne pas dans le processus.
Source : Entretien du PDG de Greenhouse (vidéo)
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Partagez-vous l'avis du PDG de Greenhouse selon « L’intelligence artificielle n’améliore pas les processus de recrutement. C’est plutôt l’inverse » ?
Le retour aux méthodes classiques de recrutement comme le format papier ou des tests physiques est-il l'approche idoine ? Est-il souhaitable ?Voir aussi :
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