Oracle, qui a investi massivement dans l'infrastructure d'IA, prévoirait de nouvelles suppressions d'emplois pour réduire ses coûts de main-d'œuvre. La société a demandé à ses responsables de soumettre des listes d'employés visés, l'ampleur des suppressions pouvant atteindre des pourcentages à deux chiffres dans certaines équipes. Ces coupes illustrent les pressions financières liées à la course à l'IA. Le marché a réagi froidement, l'action Oracle ayant chuté d'environ 26 % cette année.Oracle Corporation est une multinationale américaine spécialisée dans les technologies, dont le siège social est situé à Austin, au Texas. Cofondée à Santa Clara, en Californie, en 1977 par Bob Miner, Ed Oates et Larry Ellison, actuel président du conseil d'administration et directeur technique, Oracle figure parmi les 50 plus grandes entreprises mondiales en termes de capitalisation boursière et occupait la 66e place du classement Forbes Global 2000 en 2025.
Oracle a procédé au licenciement de 21 000 employés au cours des douze derniers mois, alors qu'elle accélère l'adoption des technologies d'intelligence artificielle (IA) dans l'ensemble de ses activités, d'après son dernier rapport annuel. Le géant du cloud et des logiciels a indiqué qu'il comptait 141 000 employés au 31 mai 2026, soit une baisse de près de 13 % par rapport à l'année précédente. L'entreprise a précisé que le déploiement de l'IA avait contribué à ces suppressions d'emplois, tandis que son président exécutif, Larry Ellison, a averti que d'autres réductions de personnel pourraient avoir lieu.
Oracle, qui a investi des sommes astronomiques dans la mise en place d’une infrastructure d’IA, aurait élaboré des plans visant de nouvelles suppressions d’emplois afin de réduire ses coûts de main-d’œuvre, selon un rapport. Business Insider a rapporté le 11, en citant plusieurs sources, qu’Oracle avait demandé à ses responsables de soumettre des listes d’employés visés par ces suppressions, dans le but de réduire ses coûts de main-d’œuvre d’ici le deuxième trimestre de son exercice 2027, qui débute le 1er du mois prochain.
D’après des documents internes, l’ampleur des suppressions d’emplois pourrait atteindre des pourcentages à deux chiffres dans certaines équipes. Oracle avait déjà procédé à des licenciements à grande échelle plus tôt cette année. Dans un récent document réglementaire, la société a indiqué que ses effectifs avaient diminué de 21 000 personnes, soit 13 %, au cours de l’exercice 2026, qui s’est achevé en mai, à la suite de restructurations et de licenciements. Oracle emploie actuellement environ 141 000 personnes.
Ces dernières suppressions d’emplois illustrent à quel point la course effrénée à la mise en place d’infrastructures d’IA accentue les pressions sur les coûts des géants américains de la technologie. Oracle est le plus grand émetteur d’obligations d’entreprise parmi les sociétés non financières de l’indice Bloomberg U.S. Aggregate, une référence majeure sur le marché obligataire, et est considérée comme l’une des entreprises technologiques américaines les plus endettées dans le cadre de ses investissements dans les infrastructures d’IA.
Au cours de l'exercice 2026, Oracle a dépensé 55,7 milliards de dollars dans des infrastructures telles que de nouveaux centres de données. Ce montant dépassait de 23,7 milliards de dollars les liquidités générées au cours de l'année, et l'entreprise a levé ces fonds en recourant à la fois à l'emprunt (43 milliards de dollars) et à la vente d'actions (5 milliards de dollars). Pour l'exercice 2027, elle prévoit de lever environ 40 milliards de dollars supplémentaires par le biais d'emprunts et d'émissions d'actions.
Oracle a également profité de l’essor de l’IA. À mesure que la demande en ressources informatiques augmentait, son chiffre d’affaires a progressé de 17 % au cours du dernier exercice, tandis que celui lié à l’infrastructure cloud a bondi de 77 %. Mais alors que les besoins en investissements d’infrastructure s’accroissent pour soutenir la poursuite de son expansion, l’entreprise non seulement augmente son endettement, mais cherche également à réduire ses coûts dans d’autres domaines, notamment en matière de personnel.
Le marché a néanmoins réagi froidement à la flambée des coûts d’infrastructure. L’action Oracle a chuté d’environ 26 % cette année. Certains analystes estiment que cette faiblesse a été particulièrement marquée pour Oracle, éditeur de logiciels, dans un contexte où l’on craint de plus en plus que l’IA ne remplace les logiciels existants.
La notation de crédit d’Oracle a également été abaissée. Le mois dernier, S&P Global Ratings a abaissé la notation d’Oracle à un cran au-dessus de la catégorie spéculative, ou « junk ». « L’expansion d’Oracle dans le secteur des infrastructures d’IA affaiblit la stabilité commerciale qui faisait jusqu’alors sa force », a déclaré S&P Global Ratings, ajoutant : « Nous suivons de près le rythme de développement du secteur de l’IA. » Business Insider a souligné que cette situation montre que même les entreprises bénéficiant d’une demande en forte hausse dans le domaine de l’IA doivent trouver un équilibre entre des dépenses d’investissement massives et la rentabilité exigée par Wall Street.
Oracle fait face à une précarité financière inquiétante. L'entreprise a délaissé un modèle logiciel lucratif pour s'endetter lourdement dans le cloud et l'IA. Elle a pris un risque démesuré en devenant une bailleuse de fonds pour OpenAI, assumant des engagements financiers que le laboratoire d'IA ne porte pas à son propre bilan. Cette stratégie a entraîné une dégradation de la note de crédit de l'entreprise, désormais proche de la catégorie spéculative. La société est à bout de souffle et s'est vu obliger de licencier 21 000 personnes pour rester à flot. Si la bulle de l'IA éclate, Oracle pourrait être la première pièce d'un effet domino dévastateur pour l'industrie.
Source : Oracle; Business Insider
Et vous ?
Pensez-vous que cette annonce est crédible ou pertinente ?
Quel est votre avis sur le sujet ?Voir aussi :
Plus de 20 000 offres d'emploi de Développeur ou en Informatique
Les licenciements dans le secteur technologique atteignent leur plus haut niveau depuis 2023 et l'IA est citée comme la cause principale, mais des acteurs comme Sam Altman dénoncent un « AI washing »
Intuit va licencier plus de 3 000 employés pour se recentrer sur l'IA, après avoir conclu des accords avec Anthropic et OpenAI pour intégrer leurs modèles d'IA dans ses logiciels
Les licenciements liés à l'IA ressemblent de plus en plus à une fiction d'entreprise qui masque une réalité : un capitalisme en quête de nouveaux boucs émissaires technologiques, suggère Oxford Economics
Vous avez lu gratuitement 3 699 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
Anselme45, et à toutes et tous,
