L'action en justice est l’œuvre de deux employées qui travaillent chez Apple depuis plus de dix ans, Justina Jong et Amina Salgado. Elles affirment qu'Apple a violé les lois californiennes sur l'emploi entre 2020 et 2024 en pratiquant une discrimination injuste à l'encontre des employées californiennes des services d'ingénierie, de marketing et d'AppleCare, et en versant « systématiquement » aux femmes « une rémunération inférieure à celle des hommes ayant une formation et une expérience similaires. » Le tableau ravive le débat sur les discriminations salariales dans la filière technologique.Apple est accusé d’avoir fait preuve d'une partialité constante à l'égard des employés masculins, leur offrant des salaires de départ plus élevés et les promouvant pour les « mêmes accomplissements » que ceux pour lesquels les employées ne sont pas prises en considération.
Jong, actuellement formatrice en formation technique et clientèle au sein de l'équipe chargée des relations avec les développeurs et de l'évaluation des applications d'Apple, a déclaré qu'elle n'avait pris conscience d'une disparité salariale flagrante que par hasard : « Un jour, j'ai vu un W-2 laissé sur l'imprimante du bureau. Il appartenait à mon collègue masculin, qui occupait le même poste. J'ai remarqué qu'il était payé près de 10 000 dollars de plus que moi, alors que nous effectuons un travail sensiblement similaire. Cette révélation m'a fait beaucoup de peine. »
Mais Salgado était consciente du problème depuis longtemps. Salgado, actuellement en mission temporaire en tant que responsable du développement au sein de la division AppleCare, a passé des années à se plaindre de ses bas salaires, suscitant des enquêtes internes d'Apple qui n'ont jamais abouti à des augmentations de salaire.
Finalement, à la fin de l'année dernière, l'insistance de Salgado pour obtenir un salaire équitable a été résolue après qu'Apple a engagé une société tierce qui a conclu qu'elle était moins bien payée que les hommes effectuant un travail substantiellement similaire. Apple a ensuite augmenté son taux de rémunération, mais s'est dérobé à la responsabilité des arriérés de salaire que Salgado cherche aujourd'hui à récupérer.
Le tableau n’est pas nouveau dans la filière comme l’illustre le cas de Google
En 2022, Google s’est résolu à verser 118 millions de dollars pour régler un procès en matière de discrimination salariale basée sur le genre. 15 500 femmes étaient concernées. Google était également tenu de faire évaluer ses pratiques d'embauche et ses études sur l'équité salariale par un économiste du travail indépendant. Les canons de traitement du genre féminin de Google revenaient ainsi sur la table. En effet, un ancien responsable technique de Google s’est vanté par le passé sur les réseaux sociaux d’avoir eu l’habitude de détruire les CV des femmes devant elles en ajoutant : « Allez faire des enfants, car programmer est une activité très contraignante. »
Le procès a fait surface pour la première fois en 2017 après que trois femmes ont déposé une plainte accusant l'entreprise de sous-payer les travailleuses en violation de la loi californienne sur l'égalité des salaires, citant un écart salarial d'environ 17 000 dollars. La plainte alléguait également que Google enferme les femmes dans des voies de carrière inférieures, ce qui entraîne un salaire inférieur et des primes plus faibles par rapport à leurs homologues masculins. Les plaignants ont obtenu le statut de recours collectif en 2016.
En 2016, Google a accepté de payer 2,5 millions de dollars pour régler une action en justice selon laquelle la société aurait sous-payé des femmes ingénieurs et négligé des candidats asiatiques. Le département californien de l'emploi équitable et du logement avait en sus enquêté sur la société à la suite de plaintes pour harcèlement et discrimination potentiels à l'encontre d'employées noires.
Un certain nombre de procès similaires visant les écarts de rémunération ont fait surface au cours de la dernière décennie. Les débats sur les inégalités de genre dans la filière technologique ont explosé avec le cas James Damore qui étant encore employé de Google, a essayé d’expliquer, dans un mémo, ces inégalités par des « caractéristiques biologiques ». En effet, de son point de vue, « les choix et les capacités des hommes et...
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