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Apple punit les femmes pour les mêmes accomplissements qui valent des récompenses aux hommes, d'après une plainte,
Le géant pourrait payer des milliers d'euros d'arriérés de salaire à plus de dix mille femmes

Le , par Patrick Ruiz

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L'action en justice est l’œuvre de deux employées qui travaillent chez Apple depuis plus de dix ans, Justina Jong et Amina Salgado. Elles affirment qu'Apple a violé les lois californiennes sur l'emploi entre 2020 et 2024 en pratiquant une discrimination injuste à l'encontre des employées californiennes des services d'ingénierie, de marketing et d'AppleCare, et en versant « systématiquement » aux femmes « une rémunération inférieure à celle des hommes ayant une formation et une expérience similaires. » Le tableau ravive le débat sur les discriminations salariales dans la filière technologique.

Apple est accusé d’avoir fait preuve d'une partialité constante à l'égard des employés masculins, leur offrant des salaires de départ plus élevés et les promouvant pour les « mêmes accomplissements » que ceux pour lesquels les employées ne sont pas prises en considération.

Jong, actuellement formatrice en formation technique et clientèle au sein de l'équipe chargée des relations avec les développeurs et de l'évaluation des applications d'Apple, a déclaré qu'elle n'avait pris conscience d'une disparité salariale flagrante que par hasard : « Un jour, j'ai vu un W-2 laissé sur l'imprimante du bureau. Il appartenait à mon collègue masculin, qui occupait le même poste. J'ai remarqué qu'il était payé près de 10 000 dollars de plus que moi, alors que nous effectuons un travail sensiblement similaire. Cette révélation m'a fait beaucoup de peine. »

Mais Salgado était consciente du problème depuis longtemps. Salgado, actuellement en mission temporaire en tant que responsable du développement au sein de la division AppleCare, a passé des années à se plaindre de ses bas salaires, suscitant des enquêtes internes d'Apple qui n'ont jamais abouti à des augmentations de salaire.

Finalement, à la fin de l'année dernière, l'insistance de Salgado pour obtenir un salaire équitable a été résolue après qu'Apple a engagé une société tierce qui a conclu qu'elle était moins bien payée que les hommes effectuant un travail substantiellement similaire. Apple a ensuite augmenté son taux de rémunération, mais s'est dérobé à la responsabilité des arriérés de salaire que Salgado cherche aujourd'hui à récupérer.


Le tableau n’est pas nouveau dans la filière comme l’illustre le cas de Google

En 2022, Google s’est résolu à verser 118 millions de dollars pour régler un procès en matière de discrimination salariale basée sur le genre. 15 500 femmes étaient concernées. Google était également tenu de faire évaluer ses pratiques d'embauche et ses études sur l'équité salariale par un économiste du travail indépendant. Les canons de traitement du genre féminin de Google revenaient ainsi sur la table. En effet, un ancien responsable technique de Google s’est vanté par le passé sur les réseaux sociaux d’avoir eu l’habitude de détruire les CV des femmes devant elles en ajoutant : « Allez faire des enfants, car programmer est une activité très contraignante. »

Le procès a fait surface pour la première fois en 2017 après que trois femmes ont déposé une plainte accusant l'entreprise de sous-payer les travailleuses en violation de la loi californienne sur l'égalité des salaires, citant un écart salarial d'environ 17 000 dollars. La plainte alléguait également que Google enferme les femmes dans des voies de carrière inférieures, ce qui entraîne un salaire inférieur et des primes plus faibles par rapport à leurs homologues masculins. Les plaignants ont obtenu le statut de recours collectif en 2016.

En 2016, Google a accepté de payer 2,5 millions de dollars pour régler une action en justice selon laquelle la société aurait sous-payé des femmes ingénieurs et négligé des candidats asiatiques. Le département californien de l'emploi équitable et du logement avait en sus enquêté sur la société à la suite de plaintes pour harcèlement et discrimination potentiels à l'encontre d'employées noires.


Un certain nombre de procès similaires visant les écarts de rémunération ont fait surface au cours de la dernière décennie. Les débats sur les inégalités de genre dans la filière technologique ont explosé avec le cas James Damore qui étant encore employé de Google, a essayé d’expliquer, dans un mémo, ces inégalités par des « caractéristiques biologiques ». En effet, de son point de vue, « les choix et les capacités des hommes et des femmes divergent, en grande partie, en raison de causes biologiques et ces différences pourraient expliquer pourquoi les femmes ne sont pas représentées de manière égale dans la tech et [aux postes de responsabilité]. » S’il était libre d’exprimer son opinion, son texte avait fait l’objet de vives critiques au sein de Google et sur la toile, amenant l’équipe dirigeante de la firme à prendre des mesures et signer son licenciement.

« Cette question [de savoir si les femmes sont faites pour la tech] a beaucoup pesé sur ma carrière dans [le milieu de] la technologie », s’était exprimée Susan Wojcicki (CEO de YouTube). « Bien que j’aie eu de la chance de travailler dans une entreprise où j'ai reçu beaucoup de soutien – des leaders comme Larry Page, Sergey Brin, Eric Schmidt et Jonathan Rosenberg, à des mentors comme Bill Campbell – mon expérience dans l'industrie de la technologie m'a montré à quel point ce problème est omniprésent », avait-elle ajouté.

Wojcicki indique qu’elle a dû faire face, à maintes reprises, à un manque de considération lié au fait que certains estimaient que les femmes ne seraient pas aussi bonnes que les hommes dans la tech. « Mes capacités et mon engagement envers mon travail ont été mis en doute. J'ai été mise à l'écart dans des événements clefs de l'industrie et des rassemblements sociaux. J'ai eu des rencontres avec des leaders externes où ils s'adressaient principalement aux collègues masculins les plus juniors. On m'a souvent coupé la parole et mes idées ont été ignorées jusqu'à ce qu'elles soient reformulées par des hommes », raconte-t-elle. « Peu importe combien de fois tout cela s'est passé, ça fait encore mal », dit-elle avant d’ajouter que : « donc, lorsque j'ai vu le mémo qui a circulé la semaine dernière, j'ai ressenti une nouvelle fois cette douleur et j'ai eu de l'empathie pour le mal que cela a dû causer aux autres. »

Oracle aussi a eu à faire face à un recours collectif de 4100 employées qui ont affirmé avoir été moins bien payées que les hommes travaillant aux mêmes postes

En 2017, le département américain du Travail (DoL) a engagé une action en justice contre Oracle, alléguant que la société avait l’habitude de payer les hommes de race blanche davantage que leurs homologues de couleur, ce qui entraînait une discrimination salariale à l’égard des femmes et des employés noirs et asiatiques. Le département US du travail avait étudié les pratiques d’embauche d’Oracle depuis 2013 et conclu qu’il y avait « de grandes disparités salariales au sein de l’entreprise, même en tenant compte du titre de l’emploi, du statut à plein temps, du statut exonéré, du niveau de carrière global, de la spécialité, de l’expérience professionnelle antérieure estimée et de l’ancienneté ». S’appuyant sur le fait qu’Oracle avait refusé de coopérer dans le cadre de son enquête, le DoL avait menacé de geler les contrats du groupe avec le gouvernement à moins que l’entreprise ne règle les problèmes évoqués.

À l’époque, Oracle avait affirmé que les allégations du DoL étaient sans fondement et se basaient sur un processus imparfait reposant sur des statistiques choisies avec soin plutôt que sur la réalité. La société technologique assurait à l’inverse que ses décisions en matière de rémunération sont « non discriminatoires et fondées sur des facteurs commerciaux légitimes, y compris l’expérience et le mérite ».

Cela a donné lieu à un second procès intenté par le DoL en 2019, dans lequel il a été reproché à Oracle d’avoir mis sur pied des « schémas flagrants de discrimination » à l’égard des femmes et des minorités. Big Red a également été accusé d’avoir créé un système permettant de recruter du personnel en Asie puis de le faire venir aux États-Unis et de le payer moins cher tout en excluant les demandeurs qualifiés venant d’ailleurs, notamment les Noirs et les Hispaniques.

Une analyse des données sur la masse salariale chez Oracle aurait révélé des disparités avec un « degré extrêmement élevé de signification statistique ». Il semblerait en effet que des milliers de femmes ont été systématiquement sous-payées au sein de cette société. Cette découverte a conduit au dépôt d’une requête motivée par des allégations de discrimination salariale généralisée devant la justice californienne incriminant Oracle.

Les avocats représentant l’ensemble des victimes présumées (plus de 4100 femmes) allèguent que les employées recevaient en moyenne 13 000 USD par an de moins que les hommes effectuant un travail similaire. L’analyse des données sur la masse salariale chez Oracle aurait révélé que le salaire de base des femmes était en moyenne inférieur de 3,8 % à celui de leurs homologues masculins dans les mêmes catégories d’emplois, idem au niveau des primes (- 13,2 %) et des valeurs des actions (- 33,1 %). La plupart des employées concernées ont travaillé dans la technologie de l’information, les fonctions de soutien et le développement de produits depuis 2013.

Source : Plainte

Et vous ?

Comment expliquer que ces cas d’inéquité salariale entre hommes et femmes continuent de faire surface dans la filière technologique en dépit de toutes les lois susceptibles de contraindre les employeurs du domaine à rémunérer les hommes et les femmes de façon équitable ?

Voir aussi :

Oracle fait face à un recours collectif de plus de 4100 employées, qui affirment avoir été payées moins bien que les hommes travaillant aux mêmes postes
Google va verser 2,5 millions de dollars à des femmes ingénieurs sous-payées et à des candidats asiatiques négligés, la société procédera également à l'ajustement des salaires de certains ingénieurs
Un ancien Googler porte à son tour plainte contre son ancien employeur, qui l'a renvoyé après qu'il avait critiqué le mémo de Damore
Scott Kingston, un ancien directeur des ventes d'IBM, gagne un procès de 11 M$ contre l'entreprise, après avoir été licencié pour s'être rebellé contre la discrimination à l'égard de ses subordonnés

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