L'IA agit comme un moteur de croissance pour l'emploi dans certains secteurs de la construction. Si la filière informatique et certains secteurs administratifs subissent des licenciements massifs, la création de nouveaux emplois dans l'infrastructure technologique et les rôles spécialisés compensent ces pertes. L'investissement massif dans les centres de données d'IA génère une forte demande de main-d'œuvre qualifiée, allant des électriciens aux ingénieurs réseau. Certaines entreprises investissent massivement dans la formation de ces ouvriers. Pendant ce temps, les étudiants commencent à remettre en question leur choix de filière en raison de l'IA.Contrairement aux prédictions alarmistes d’une disparition massive des emplois sous l’effet de l’IA, le marché du travail montre une résilience remarquable. En août 2026, l’économie américaine a créé 162 000 emplois, maintenant le chômage à un niveau historiquement bas de 4,1 %. De plus, un panorama révèle que les jeunes actifs, souvent considérés comme les premières victimes potentielles de cette transition, s’en sortent extrêmement bien.
Bien que des restructurations aient lieu chez les Big Tech ou que certaines entreprises remplacent des effectifs par des robots pour gérer des tâches spécifiques, ces licenciements sont absorbés par la rotation naturelle d’un marché qui détruit et recrée continuellement des emplois. L'IA aurait déjà généré environ un million d’emplois aux États-Unis, compensant largement les quelque 200 000 licenciements qui lui sont attribués depuis la mi-2023.
Kory Kantenga, responsable économique chez LinkedIn, confirme cette tendance : « à ce jour, les preuves suggèrent que l'IA a été un créateur net d'emplois ». Toutefois, certains observateurs restent prudents face à ces chiffres, attendant de voir si cette tendance se confirmera dans la durée. D'autres s'inquiètent de l'avenir des travailleurs remplacés par les machines et des voies de reconversion possibles, alors que l'IA évolue à une vitesse folle.
Une impulsion pour les infrastructures et les métiers techniques
La construction et la gestion des infrastructures indispensables au fonctionnement de l’IA constituent le premier vecteur de recrutement. Les investissements annuels dans le matériel (centres de données, serveurs, puces et électricité) dépassent de 500 milliards de dollars les niveaux de 2022. Ce chantier colossal nécessite d’importantes forces de travail, notamment des électriciens, des spécialistes en climatisation, des ingénieurs réseau, etc.
Les offres d’emploi dans le secteur des centres de données ont plus que doublé en deux ans, créant près de 500 000 postes entre 2023 et 2025. Cela se traduit par une hausse des salaires, les postes de maintenance et d’installation y étant payés environ 40 % de plus que des fonctions similaires dans d'autres secteurs.
L’IA fait émerger une nouvelle catégorie de professionnels qualifiés. De nouveaux rôles tels que les ingénieurs en IA, les annotateurs de données ou encore les directeurs de l’IA se multiplient, avec des offres d’emploi qui ont doublé depuis 2023-2024. Les postes spécifiquement liés à l’IA représentent désormais environ 1 % des emplois professionnels globaux aux États-Unis, et montent jusqu’à 5 % dans l’informatique ou les sciences de la vie.
De surcroît, les gains de productivité apportés par l'IA ne détruisent pas nécessairement le travail, mais peuvent au contraire en stimuler la demande en faisant baisser le coût des services. Ainsi, des professions jugées pourtant très exposées à l’automatisation ont vu leurs effectifs croître de manière significative entre 2023 et 2025, à l’instar des parajuristes dont le nombre a augmenté de 11 % et des analystes d’études de marché de 6 %.
Les secteurs fragilisés et la transition vers les métiers du futur
Cette transition technologique n’est pas sans douleur pour certaines catégories de travailleurs dont les tâches routinières sont facilement automatisables. Le secteur de la relation client a vu ses effectifs baisser de 10 % depuis début 2023, tandis que les postes de secrétariat et d’assistance administrative ont chuté de 15 %. Les projections estiment que les fonctions administratives et de soutien de bureau perdront plus de 750 000 postes d’ici 2035.
Les transformations historiques de l’emploi incitent à l’optimisme quant à la capacité de l’IA à inventer de nouveaux rôles. Plus de six millions d’Américains exercent aujourd’hui des métiers de l’informatique qui n’existaient pas avant l’ère des ordinateurs. À terme, les futurs travailleurs de l’IA pourraient se retrouver à superviser des équipes d’agents IA, des fonctions qui sembleront aussi naturelles demain que celle d’influenceur aujourd’hui.
Un rapport récent a révélé une augmentation du nombre d'employés de grandes entreprises dépendants des aides publiques pour se nourrir et se soigner. Ces entreprises comprennent Walmart, Amazon, Uber, Lyft, DoorDash, Grubhub et Instacart. Cela constitue un nouvel exemple de la crise du pouvoir d’achat qui touche les travailleurs aux États-Unis, où même les salariés ont besoin de l’aide publique afin de subvenir à leurs besoins fondamentaux.
Pendant ce temps, Amazon prévoit d'investir 200 milliards de dollars dans l'IA. Le contraste est frappant entre les ambitions technologiques massives de la firme et la précarité croissante d'une partie de sa main-d'œuvre. Meta et Google investissent massivement dans l'IA, tout en supprimant des milliers de postes.
Greenhouse : une morosité critique du marché de l'emploi
Greenhouse est la plateforme de recrutement la mieux notée au monde. Depuis quelques années, la plateforme fait face à des tensions majeures liées à la crise du marché du travail, marquée par une surabondance de candidatures générées par l'IA, des annonces de postes fictifs (« ghost jobs » ou emplois fantômes) et des tentatives d'escroqueries par hameçonnage usurpant son nom. L’intégration de l'IA dans les processus de recrutement.
Ce phénomène soulève de plus en plus des questions similaires à celles qui ont fait surface dans la filière de l’éducation : faut-il revenir aux processus de recrutement classiques (CV et dossiers de candidatures montés à la main, entrevues de sélection menées par des humains, etc.) ? Dans une interview récente, le PDG Daniel Chait a déclaré que le marché de l'emploi est tellement morose que les candidats paient 20 dollars pour postuler en masse.
Les candidats utilisent des outils d’IA pour postuler en masse et personnaliser leurs CV, ce qui engorge les bases de données de candidatures et empêche les recruteurs d'évaluer de manière raisonnable chaque dossier. Pour gérer ce gros volume de candidatures, les recruteurs s'appuient sur des automatisations basées sur l'IA qui filtrent une grande partie des candidats, ce qui incite ces derniers à multiplier encore davantage les candidatures.
Ce cercle vicieux détériore l'expérience des deux parties et nuit à l'efficacité du recrutement. Par ailleurs, Le PDG de Palo Alto Networks, Nikesh Arora, a déclaré que les travailleurs sont sur le point de vivre un moment darwinien à cause de l'IA qui impose de se mettre à la page ou d'être licencié.
L'IA commence à peser sur les choix de carrière des étudiants
Les rumeurs concernant la disparition des emplois sont peut-être largement exagérées, mais les étudiants et les jeunes diplômés s'inquiètent de ce que l'avenir leur réserve. Les étudiants, ainsi que leurs parents, recherchent des filières universitaires pérennes, adaptées à un monde dominé par l'IA. De plus en plus d'étudiants reconsidèrent leur choix de filière en raison de l'IA ; certains la citent comme un facteur ayant influencé leur inscription.
Par exemple,...
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