La menace de l'IA augmente l'angoisse des travailleurs. De nouveaux rapports signalent que les embauches dans de nombreux secteurs employant des cols blancs ont ralenti cette année. Les cols blancs ressentent une insécurité professionnelle croissante, alors qu’ils étaient historiquement parmi les plus protégés du marché du travail. Cette anxiété marque un changement profond dans leur perception de l’emploi et de l’économie. L'IA redéfinit notre façon de travailler et accapare de plus en plus d'emplois, mais certains rapports relativisent son impact et suggèrent qu'elle est utilisée comme prétexte dans les programmes de réduction de coûts.Les travailleurs sont confrontés à un niveau d’incertitude particulièrement élevé sur le marché du travail. Un récent rapport du Wall Street Journal décrit un ralentissement du recrutement pour les postes de bureau (cols blancs), notamment dans la technologie, le marketing, la finance ou les fonctions administratives. Les entreprises de tous les secteurs se lancent avec frénésies dans l'adoption de l'IA pour augmenter la productivité et réduire les coûts.
Les licenciements récents dans de grandes entreprises ont rendu le marché de l'emploi plus compétitif, avec des recherches d’emploi plus longues et des offres souvent moins bien rémunérées ou plus exigeantes qu’auparavant. Les grands cabinets de conseil ont décidé de geler les salaires de départ.
Aux États-Unis, le taux de chômage global a légèrement augmenté pour atteindre 4,6 %. Les secteurs qui emploient beaucoup de personnel de bureau ont supprimé des emplois en octobre et novembre 2025. D'après les données du département américain du Travail, les embauches dans de nombreux secteurs qui emploient des cols blancs ont ralenti en 2025, et le taux de chômage des travailleurs diplômés » de l'enseignement supérieur a augmenté.
« C'est une période d'incertitude intense », explique Sarah Rand, 42 ans, qui a été licenciée de son poste dans la communication à l'université de Chicago au printemps. Son mari a été licencié d'une startup spécialisée dans la santé numérique à peu près au même moment. Ils gagnaient tous les deux plus de 100 000 $ par an. « Si nous ne pouvons pas compter sur la stabilité, si l'économie ne fonctionne pas pour nous, alors pour qui fonctionne-t-elle ? »
Une pression accrue sur les carrières et la vie personnelle
Sarah Rand tente de monter une entreprise de conseil, mais jusqu'à présent, cela ne lui rapporte qu'environ un tiers du salaire de son ancien emploi. Le couple a réduit les heures de la nounou qui s'occupait de leurs deux jeunes enfants, a cessé de cotiser pour la retraite, puis s'est débarrassé de sa deuxième voiture. Outre les licenciements, les entreprises rationalisent et veulent que leurs employés accomplissent davantage avec moins de ressources.
« Je vois beaucoup de postes où trois emplois sont regroupés en un seul », explique Sarah Rand. Pour l'instant, le sentiment général est que la mobilité professionnelle est devenue beaucoup plus difficile. Et les employés s'accrochent désespérément à leur emploi. « Avant, je considérais le marché du travail comme une opportunité d'évoluer si je changeais d'emploi. Aujourd'hui, j'ai de la chance si je conserve le même niveau », explique Sarah Rand.
James Wright, 32 ans, a enchaîné les emplois dans la finance au sein de grandes entreprises agroalimentaires en 2022, puis à nouveau en 2023. Il se met à l'abri après que son employeur et d'autres acteurs du secteur ont récemment annoncé des licenciements et des réductions de dépenses.
« Rester sur place est, selon moi, le choix le plus sûr », a-t-il déclaré. Le marché du travail, combiné à une inflation persistante et à des coûts de logement élevés, le rend pessimiste quant à l'économie. Selon lui, les outils d'IA utiles sur le plan professionnel et personnel. Mais il ne sait pas où cette technologie va mener. « Si elle continue à se développer à ce rythme, de nombreux emplois, y compris le mien, pourraient disparaître », a-t-il expliqué.
Les fonctionnaires, qui ont longtemps bénéficié d'une sécurité de l'emploi et d'avantages sociaux, sont aussi confrontés à une nouvelle donne. Aux États-Unis, l'emploi dans la fonction publique fédérale a diminué de 6 000 postes en novembre 2025. Cela s'ajoute à la perte massive de 162 000 emplois fédéraux en octobre, mois au cours duquel de nombreux travailleurs ayant accepté une offre de démission différée ont été rayés de la liste des salariés.
L'IA provoque une restructuration profonde des entreprises
Il y a quelques années à peine, les travailleurs obtenaient des promotions et des augmentations à tout va. Les talents dans le secteur technologique faisaient notamment partir des employés les plus convoités et les plus choyés par les entreprises. Aujourd'hui, ils s'accrochent à leur emploi comme à une bouée de sauvetage, effrayés par les annonces de licenciements très médiatisées, l'essor de l'IA et un marché du travail impitoyable pour les chômeurs.
Juste après la crise de Covid-19, de nombreuses entreprises n'ont pas pu embaucher suffisamment d'employés de bureau, en partie parce qu'elles voulaient répondre à la forte augmentation de...
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L’IA est-elle en train de rendre obsolète le modèle économique traditionnel des cabinets de conseil ?
