Les difficultés rencontrées par la génération Z pour accéder à l’emploi ne relèvent plus de simples anecdotes relayées sur les réseaux sociaux. Elles sont désormais reconnues par des économistes de premier plan et même par des décideurs monétaires qui observent un marché du travail particulièrement verrouillé pour les plus jeunes. La promesse d’un « monde plein d’opportunités » s’est muée en une équation où l’offre d’emplois accessibles se réduit, tandis que les exigences des recruteurs s’intensifient.Cette situation se caractérise par une dynamique paradoxale : les entreprises licencient peu mais embauchent encore moins. Résultat, les postes juniors, qui constituaient traditionnellement les portes d’accès au marché du travail, se raréfient.
L’un des mécanismes les plus frappants derrière cette crise est le ralentissement du turnover. Dans un contexte économique incertain, marqué par la hausse des coûts, la prudence domine. Les salariés en poste hésitent à changer d’employeur, craignant de perdre la stabilité durement acquise. Les entreprises, elles, préfèrent conserver leurs effectifs plutôt que d’ouvrir de nouveaux postes.
Cette double inertie crée une tension : moins de départs signifie moins de recrutements, et les jeunes se retrouvent coincés aux portes des entreprises. Le délai moyen pour décrocher un premier emploi s’allonge, et avec lui l’angoisse d’une insertion retardée.
Le paradoxe est cruel. Les postes affichés comme « entry-level » exigent désormais une expérience préalable, souvent difficile à acquérir sans justement avoir obtenu un premier emploi. Ce cercle vicieux enferme les jeunes dans une situation absurde : on leur reproche de ne pas avoir ce qu’on ne leur donne pas l’occasion d’acquérir.
Cette inflation des exigences découle d’une logique de gestion du risque. Embaucher un jeune sans expérience est perçu comme un pari incertain, et beaucoup d’employeurs préfèrent se tourner vers des profils déjà aguerris, même pour des missions basiques.
Le poids du « youngism » : une discrimination générationnelle
Au-delà des considérations économiques, un facteur culturel pèse sur la génération Z : la perception de leur manque supposé de maturité ou de fiabilité. Ce « youngism », discrimination implicite envers les plus jeunes, se traduit par des préjugés dans les processus de recrutement. Certains employeurs doutent de leur capacité d’engagement, de leur résistance à la pression ou encore de leur rapport au travail, souvent jugé trop « volatile ».
Ces biais renforcent l’exclusion des jeunes candidats et creusent l’écart entre leurs aspirations et la réalité du marché.
Automatisation et IA : un amplificateur plutôt qu’un déclencheur
Si l’essor de l’intelligence artificielle et de l’automatisation alimente les discours anxiogènes, leur rôle est plus nuancé. Les machines remplacent certaines tâches répétitives, réduisant la nécessité d’embaucher pour des fonctions simples. Mais surtout, elles modifient le profil recherché : les entreprises privilégient désormais des candidats capables de gérer des outils numériques avancés, de superviser des processus automatisés ou de combiner créativité et analyse.
Pour les jeunes sans formation technique solide, ce déplacement de la valeur ajoutée représente un obstacle supplémentaire. Mais pour ceux qui investissent dans les compétences numériques, cela peut devenir une opportunité.
Président de la Réserve fédérale : « l'IA peut être en partie responsable » de la situation
La hausse spectaculaire du chômage chez les Américains de moins de 25 ans, en particulier chez les jeunes diplômés, est devenue l'un des sujets économiques les plus préoccupants de l'année 2025. Les récentes analyses des économistes, des banquiers centraux et des analystes du marché du travail indiquent qu'il s'agit là d'un défi propre aux États-Unis, qui s'explique davantage par une économie « sans embauche, sans licenciement » que par la seule ascension rapide de l'intelligence artificielle.
Pour de nombreux travailleurs de la génération Z, la difficulté à trouver un emploi peut être source d'isolement et alimenter le doute de soi. Mais cette frustration a récemment été confirmée par des personnalités de haut rang : le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a fait écho aux préoccupations des économistes concernant le ralentissement du marché du travail, déclarant aux journalistes lors de sa conférence de presse régulière à l'issue de la réunion du Comité fédéral de l'open market qu'il s'agissait actuellement d'un « marché du travail intéressant », ajoutant que « les jeunes diplômés, les minorités et les personnes issues de milieux défavorisés ont du mal à trouver un emploi ». Notant un faible taux de recherche d'emploi, ainsi qu'un faible taux de licenciement, il a déclaré : « Vous avez un environnement où les licenciements et les embauches sont faibles », soulignant qu'il est plus difficile que jamais pour les jeunes demandeurs d'emploi de percer.
Alors que les derniers...
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