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La DOGE de Musk met à jour AutoRIF, un logiciel militaire de suppression d'emploi, qu'elle renomme « Outil de remodelage des effectifs »,
Pour lui donner une image moins dystopique après 260 000 licenciements

Le , par Stéphane le calme

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Le Département de l'Efficacité Gouvernementale (DOGE), dirigé par Elon Musk, travaillerait à la mise à jour d'un logiciel controversé destiné à automatiser les licenciements massifs dans la fonction publique américaine. Initialement développé par le Pentagone sous le nom d'AutoRIF (Automated Reduction in Force), ce programme est désormais rebaptisé "Workforce Reshaping Tool" afin de lui conférer une image plus positive et moins dystopique.

Contexte

Selon des informations rapportées par Reuters, le DOGE a supervisé la transformation d'AutoRIF en une plateforme web accessible, permettant une identification plus rapide et plus efficace des employés à licencier, en se basant sur des critères tels que l'ancienneté et la performance. Cette initiative s'inscrit dans une politique de réduction drastique de l'effectif fédéral, avec déjà 260 000 employés ayant accepté des départs volontaires ou ayant été licenciés depuis le début de l'année 2025. Des agences majeures, telles que le Département des Anciens Combattants et l'IRS, prévoient des suppressions d'emplois pouvant atteindre 80 000 et 40 % de leurs effectifs respectifs.

Une transformation technico-politique

AutoRIF a vu le jour initialement au sein du Département de la Défense pour rationaliser les processus de réduction d’effectifs. Le logiciel utilise des critères standardisés (ancienneté, notation de performance, statut contractuel) pour hiérarchiser les employés selon leur « vulnérabilité » à un plan de compression des effectifs.

Développé il y a plus de vingt ans, l'AutoRIF (abréviation de automated reductions in force) a été jugé trop « lourd » pour être utilisé dans l'ensemble du gouvernement, ont déclaré des sources à Reuters. Dans un audit réalisé en 2003, le bureau de l'inspecteur général du ministère de la défense a noté, par exemple, que « les procédures spécialisées de réduction des effectifs nécessaires aux techniciens de la Garde nationale rendaient le module impraticable ». En fait, chaque ministère devait évaluer ses réductions différemment pour éviter de se priver d'un personnel essentiel. Malgré plusieurs mises à jour du logiciel depuis lors, a rapporté Wired, l'outil reste sujet à des erreurs, ont déclaré des sources à Reuters, ce qui oblige la plupart des agences fédérales à continuer à effectuer les licenciements manuellement plutôt que de risquer des arrêts de travail ou d'autres conséquences négatives dues à des licenciements bâclés.

Sous l’impulsion du DOGE, ce système a été réécrit en tant qu’application web centralisée, dotée d’une interface plus accessible pour les départements gouvernementaux, et surtout capable de traiter des volumes bien plus importants.

Ce nouvel outil s’inscrit dans une politique de restructuration agressive de l’administration fédérale. Selon les données officielles, plus de 260 000 employés ont été soit licenciés, soit poussés vers des départs volontaires depuis janvier 2025. Certaines agences, comme l’IRS ou le Département des Anciens Combattants, prévoient des réductions d’effectifs atteignant jusqu’à 40 %.


Une interface froide pour des décisions humaines

Ce qui suscite l’inquiétude dans les milieux professionnels (qu’ils soient en RH, en informatique ou en droit administratif) n’est pas tant l’usage d’outils numériques dans le traitement des données du personnel, mais l’automatisation quasi-totale de décisions à forte charge humaine. La fonction publique est ainsi confrontée à un paradoxe : d’un côté, une injonction à moderniser et rationaliser, de l’autre, le risque de désincarnation et d’opacité algorithmique dans des décisions souvent douloureuses.

« Vous avez un outil qui, sur papier, optimise la performance des structures publiques. Mais dans les faits, il s’agit aussi de décider, parfois de façon semi-automatisée, que tel ou tel agent doit perdre son emploi », alerte un internaute. « Et lorsqu’on l’habille d’un nom comme 'Workforce Reshaping Tool', on choisit de maquiller la réalité. »

En février, Wired a tiré pour la première fois la sonnette d'alarme sur le fait que les travailleurs pourraient bientôt être licenciés par un algorithme, et aujourd'hui des sources ont révélé à Reuters beaucoup plus d'informations sur l'effort mené par le ministère de l'Emploi et des Affaires sociales. Selon ces sources, l'AutoRIF a été rebaptisé « Workforce Reshaping Tool » (outil de remodelage de la main-d'œuvre). Il s'agit apparemment d'une tentative du gouvernement de trouver un nom plus « anodin » que l'AutoRIF, qui a une consonance quelque peu dystopique.

La mise à jour du Workforce Reshaping Tool a probablement été dirigée par un ancien ingénieur de Tesla, Riccardo Biasini, dont le nom est attaché à un dépôt GitHub que Wired a découvert. Des sources ont déclaré à Reuters que les mises à jour comprenaient la création d'une version web conviviale de l'outil, qui peut fournir « des cibles pour les licenciements beaucoup plus rapidement que le processus manuel actuel, qui nécessite beaucoup de main-d'œuvre ».

Parmi les autres améliorations, citons une fonction qui permet de télécharger des données sur les salariés que les employés des ressources humaines devaient auparavant saisir manuellement. De plus, alors...
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Avatar de _toma_
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 10/05/2025 à 0:28
Beaucoup de choses me viennent en tête après la lecture de cet article.
Je vais essayer de faire bref et de ne pas trop m'étaler :
Nous ne sommes pas des machines.

Cette phrase a l'air bête mais je vous assure qu'elle est pleine de sens. On a l'impression que ce qu'on connaît a toujours été mais ce n'est pas le cas.

Penser que gouverner un pays ça se résume à gérer des comptes, licencier des gens pour rétablir une balance budgétaire ? Peut-être. Je sais pas. Mais en tout cas c'est pas ma vision.

Ce qui est sûr, c'est que refuser de penser notre société autrement que par un aspect économique, c'est dur. C'est refuser l'humain. Comment tu peux espérer construire une société en retirant l'humain de l'équation ?
Je suis pas naïf même si je suis en train de faire un discours de Bisounours. Je sais que notre société est complexe (une putain de planète entière quoi !). Mais une pensée me vient forcément en tête : on a passé quelques siècles (une paille dans notre histoire) a développer et perfectionner tout un tas de technologies qui étaient censées nous libérer de l'asservissement du travail. Pour quoi faire ? Je vous le donne en mille : vivre. Hé bah maintenant que c'est fait, on peut passer à autre chose et utiliser notre savoir faire pour faire évoluer collectivement notre société ? Chercher des réponses à nos problèmes plutôt que d'essayer de se les cacher parce que c'est plus rentable à court terme ?
Ha bah nan, c'est vrai, on peut pas. C'est plus simple et plus rentable d'ouvrir des conflits pour protéger ses intérêts que d'ouvrir le dialogue et ouvrir la voie à un projet commun*.

Finalement c'était pas moi l'antisocial.

* : malgré le ton je ne fais de leçon à personne, ce que je constate à l'échelle globale on le retrouve facilement dans notre quotidien.

PS : j'ai pris le temps de lire l'article, j'ai bien vu que c'était une "mise à jour logicielle", pas un nouveau décret de Trump.
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Avatar de JackIsJack
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 11/05/2025 à 8:51
Quand on atteint des niveaux d'organisation qui gère des dizaines de milliers de personnes, voire des centaines de milliers, et que l'on veut entreprendre de grands changements, alors ce genre de programme me semble adapté. Il est plus simple de ne rien entreprendre de grand, c'est sûr.

Et autre point, personnellement je préfère être viré par un algorithme 'aveugle' plutôt que par un humain qui ne m'apprécie pas mon travail. Question de goût !
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