Derrière les prouesses inédites de ChatGPT se cachent peut-être des travailleurs maltraités et sous-payés. C'est ce que révèle un récent rapport sur OpenAI. L'entreprise se serait appuyée sur des travailleurs kényans externalisés, dont beaucoup auraient été payés moins de 2 dollars par heure, pour passer au crible certains des coins les plus sombres d'Internet afin de créer un système de filtre d'IA qui serait intégré à ChatGPT. Le filtre devrait permettre de scanner le chatbot à la recherche de signes des pires horreurs de l'humanité. OpenAI est vivement critiqué et accusé de s'engager sur la même voie que les géants de la Silicon Valley comme Apple, Amazon et Meta.Le monde apparemment simple, brillant et propre associé à la technologie semble inévitablement et presque toujours soutenu par quelque chose de plus sombre caché juste sous la surface. Il y a trois ans, Apple, Foxconn, et 81 autres grandes marques de technologie avaient été accusées d'être impliquées dans le travail forcé des Ouïghours en Chine. En mars 2020, l'ONG Australian Strategic Policy Institute (ASPI) a allégué dans un rapport qu'entre 2017 et 2019, plus de 80 000 Ouïghours ont été déplacés hors de Xinjiang, leur région d'origine, vers des camps de détention ou des usines pour y travailler de force pour des entreprises comme Apple.
Dernièrement, c'est OpenAI, le laboratoire américain d'IA à l'origine de ChatGPT, qui est accusé de "torture envers ses travailleurs externalisés". Alors que ChatGPT captive toutes les attentions depuis son lancement fin novembre, une nouvelle enquête du Time affirme qu'OpenAI a fait appel à des travailleurs kényans pour l'aider à mettre au point un outil qui marque les contenus problématiques. Le détecteur devrait se charger de filtrer les réponses de ChatGPT, qui compte à ce jour plus d'un million d'utilisateurs, pour le rendre acceptable par le grand public. Mais ces travailleurs auraient été payés à une modique somme inférieure à 2 dollars par heure.
En outre, le filtre aiderait à supprimer les entrées toxiques des grands ensembles de données utilisés pour former ChatGPT. Pendant que les utilisateurs finaux recevaient un produit poli et hygiénique, les travailleurs kényans agissaient essentiellement comme une sorte de gardien de l'IA, parcourant des bribes de texte qui décriraient des récits saisissants d'abus sexuels sur des enfants, tortures, meurtres, suicides et inceste, le tout avec des détails graphiques. En fait, pour apprendre à l'IA à reconnaître et à supprimer les contenus horribles, il fallait une base de données étiquetée de contenus horribles, et c'est en partie ce sur quoi ces employés ont travaillé.
OpenAI aurait travaillé avec une société américaine appelée Sama, mieux connue pour employer des travailleurs au Kenya, en Ouganda et en Inde pour effectuer des tâches d'étiquetage de données pour le compte de géants de la Silicon Valley comme Google et Meta. Sama était en fait le plus grand modérateur de contenu de Meta (Facebook) en Afrique avant que la société n'annonce ce mois-ci qu'elle avait cessé de travailler ensemble en raison du "climat économique actuel". Sama et Meta font actuellement l'objet d'un procès intenté par un ancien modérateur de contenu qui prétend que les entreprises ont violé la constitution kényane.
Dans le cas d'OpenAI, le rapport indique que les travailleurs kényans auraient gagné entre 1,32 et 2 dollars par heure. Selon certains analystes, ce montant est très faible pour une entreprise telle qu'OpenAI qui a levé des centaines de millions de dollars au cours de ces dernières années. Microsoft a investi plus d'un milliard de dollars dans la société en 2019 et les récents rapports indiquent que le géant de Redmond s'apprêterait de nouveau à injecter environ 10 milliards de...
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