
Et les hommes avec des machines
En dépit des débats sur la diversité des sexes dans le secteur de la technologie, les femmes continuent d’être sous-représentées, sous-payées et souvent victimes de discrimination dans ce secteur. Tim Cook a fait une sortie pour reconnaître qu’il « n’y a toujours pas assez de femmes à la table » dans les entreprises technologiques du monde, y compris dans la sienne. Quelles raisons à cet état de choses ? Une étude internationale confirme une tendance déjà observée par le passé : les femmes préfèrent travailler avec des personnes et les hommes avec des objets.
Les chercheurs n'ont inclus dans leurs analyses que les données provenant de pays comptant au moins 30 hommes et 30 femmes parmi les répondants. Ils ont ainsi obtenu un ensemble de données final contenant 75 908 réponses provenant de 42 pays. Les résultats ont montré que les différences les plus marquées entre les sexes concernent les préférences pour le travail avec des personnes par rapport au travail avec des objets. Les femmes préfèrent travailler avec des personnes beaucoup plus que les hommes. Les hommes préfèrent travailler avec des objets beaucoup plus que les femmes. L'ampleur de la différence n'est pas la même dans tous les pays - elle est la plus faible chez les participants de Géorgie et la plus importante chez les participants du Venezuela.
Les chiffres de l’enquête s’alignent bien avec des stéréotypes en lien avec la filière des technologies de l’information. Le fait est que la société peint l’informatique comme un domaine d’activité qui sied aux personnes sans vie sociale saine, c’est-à-dire des individus qui n’accordent aucune considération aux autres. De plus, elle (la société) voit l’informaticien comme un geek, c’est-à-dire, le gars qui passe le clair de son temps dans un coin obscur à rechercher des solutions à des problèmes « informatiques » plutôt qu’humains.
D’ailleurs, dans un billet de blog paru en 2013, le quotidien le monde écrit à propos du sexisme dans la tech qu’ « être geek c’est un truc de mec. » Dans son développement, une ex-employée de Google va dans le même sens en précisant que tout se passe au moment où l’on fait les choix de carrière initiaux. « Entre 16 et 24 ans, les filles ont une vie sociale plus prononcée que celle des hommes du même âge. Les jeunes femmes parlent plus souvent à leurs amis, s’intéressent plus à leur réputation et accordent plus de valeur émotionnelle aux relations sérieuses », écrit-elle. Du billet de l’ex-ingénieure de Google, il ressort que la femme est prosociale, toute chose qui explique d’ailleurs sa forte représentation dans les métiers liés (médecine, enseignement, droit, etc.).
Julia Enthoven va au-delà de l’imagerie populaire sur le geek – qui polarise déjà assez le choix des jeunes femmes – pour préciser que d’un point de vue social, le milieu de la tech n’est pas accueillant, ne facilite pas l’intégration de la gent féminine. L’ingénieure rapporte avoir eu des difficultés à intégrer un groupe de travail sur un projet de système d’exploitation à l’université de Standford. « L’exclusion n’est pas intentionnelle, ne cache pas une mauvaise intention, mais la situation est aggravée par le fait que les femmes sont socialement plus averties que les hommes [de la tranche 16 – 24 ans] », lance-t-elle.
La sortie de Julia Enthoven n’est pas sans faire penser à celle de James Damore. En août 2017, le désormais ex-Googler a publié une note interne pour expliquer les inégalités salariales entre hommes et femmes dans le milieu de la technologie. L’ingénieur de Google n’y était pas allé de main morte et avait affirmé que les aptitudes naturelles des hommes les conduisent à devenir facilement des programmateurs en informatique, alors que les femmes sont, plus enclines « aux sentiments et l'esthétique plutôt que vers les idées. »
Source : Etude
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