L'évolution des modèles commerciaux et l'économie précaire ont entraîné des licenciements dans l'industrie technologique. Elon Musk a réduit de moitié le nombre de têtes de Twitter ce mois-ci après avoir acheté la société, et la semaine dernière, Meta, la société mère de Facebook et Instagram, a annoncé qu'elle licenciait 11 000 employés, soit environ 13 % de ses effectifs. Lyft, Stripe, Snap et d'autres entreprises technologiques ont également licencié des travailleurs ces derniers mois. Amazon, à son tour, semble ne pas pouvoir y échapper.Amazon prévoit de licencier environ 10 000 personnes dans les divisions corporate et technologie dès cette semaine, ont déclaré des personnes connaissant le sujet. Une suppression d'emplois qui serait l'une des plus importantes de l'histoire de l'entreprise. Cette suppression d'emplois toucherait le département Amazon Devices, la division de vente au détail ainsi que les ressources humaines. La répartition par pays n’a pas été spécifiée.
En valeur absolue, la vague de suppression de postes est comparable à celle subie par la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp (11 000 licenciements) ou par le réseau social racheté par Elon Musk (3 750 plus plusieurs milliers de prestataires). Toutefois, la proportion chez Amazon est bien moindre : cela représente moins de 1 % des plus d' 1,5 millions d'employés actuels et moins de 3 % des effectifs administratifs.
Cette vague de licenciement prévu d'Amazon pendant la saison critique des achats des Fêtes montre à quelle vitesse l'économie mondiale en déclin a exercé une pression qui pousse les entreprises en sureffectif à réduire leur personnel. Amazon deviendrait également la dernière entreprise technologique à licencier des travailleurs, qu'elle s'était récemment battue pour conserver. La grande enseigne du commerce électronique a plus que doublé le plafond de la rémunération en cash de ses travailleurs de la technologie cette année, citant « un marché du travail particulièrement compétitif ».
Début novembre, le géant du commerce en ligne a mis en pause les recrutements en espérant que cette alternative l’épargne des licenciements qui frappent les entreprises. Il semble que cette mesure n'ait pas été suffisante puisque c’est au tour d’Amazon d’être touchée par une vague de licenciements économiques.
La pandémie a produit l’ère la plus rentable d’Amazon jamais enregistrée...
Alors que la crise de la COVID-19 a contraint de nombreuses entreprises à mettre la clé sous le paillasson ou à assurer le minimum requis pour éviter la faillite, Amazon a enchaîné les records. En effet, avec le confinement qui a été imposé dans de nombreux pays, Amazon a vu la demande pour ses services de commerce en ligne et de cloud croître au fil des mois. Ainsi, au premier trimestre 2020 par exemple, son chiffre d’affaires a augmenté de 26 % par rapport à celui de l’année précédente sur la même période. Au second trimestre 2020, l’entreprise a doublé ses bénéfices en enregistrant 5,2 milliards de dollars dans ses caisses, ce qui correspond au plus gros bénéfice jamais réalisé sur un trimestre par l'entreprise en 26 ans d’existence.
Pour soutenir ses activités en hausse constante, Amazon a dû également renforcer ses équipes dans cette période de crise sanitaire et de récession mondiale. De janvier à octobre 2020, l’entreprise américaine a embauché 427 300 employés, ce qui portait le nombre total de ses employés dans le monde à 1,2 million. Cela signifiait qu'à cette période là, en moyenne, Amazon a embauché 1 400 nouveaux travailleurs chaque jour sur 10 mois.
...mais l'incertitude économique plombe les actions de l'entreprise qui perd 1 000 Mds $ en capitalisation boursière
Depuis, la croissance exceptionnelle de l’e-commerce s’est tassée et le risque de récession économique combiné à l’inflation a fait planer le spectre d’un recul des ventes et d’une hausse des coûts.
Amazon a déçu les investisseurs le mois dernier avec des revenus du troisième trimestre qui n'ont pas répondu aux attentes. Pire encore, la société a déclaré qu'elle s'attend à afficher une croissance d'une année sur l'autre de seulement 2 à 8 % au quatrième trimestre. C'est bien pour une entreprise normale, mais il n'y a rien de normal chez Amazon qui était, jusqu'à présent, une machine de croissance implacable. Comme de nombreuses autres entreprises, Amazon a également dû faire face à la baisse des achats en ligne alors que les consommateurs, moins préoccupés par le covid-19, commencent à revenir dans les magasins de détail.
Jeudi 27 octobre, Amazon a annoncé une baisse de 9 % de son bénéfice net au troisième trimestre et fait état d'un chiffre d'affaires inférieur aux attentes, assorti de prévisions jugées prudentes pour le quatrième trimestre. Le marché a très mal réagi à cette publication. Dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, l'action Amazon chutait de plus de 11 %. Amazon a néanmoins renoué avec les profits après deux trimestres consécutifs de pertes, avec un bénéfice net de 2,87 milliards de dollars pour la période de juillet à septembre, selon un communiqué.
Quant au chiffre d'affaires, il a progressé de 14 % sur un an, à 127,1 milliards de dollars, soit le double du rythme observé aux premier et deuxième trimestres (7 %). À noter que les revenus ont été amputés de 5 milliards de dollars en raison des effets de change et de l'impact du dollar fort. Pour le quatrième trimestre, période cruciale de l'année pour Amazon, car elle comprend les fêtes de fin d'année, l'entreprise prévoit néanmoins une croissance anémique pour ses standards, comprise entre 2 % et 8 % sur un an. Le groupe envisage un...
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