Le même refrain se répète d’année en année : les experts en cybersécurité sont en nombre insuffisant au regard des besoins des organisations de tous types dans les secteurs public et privé. Certains rapports font même état de ce que la situation va en s’intensifiant. Cursus d’apprentissage trop longs et complexes ? Recruteurs non spécialisés aux commandes ? Manque de reconnaissance de la profession ? Quels sont les facteurs qui expliquent cette pénurie de talents dans la filière cybersécurité ? Le déficit de compétences en cybersécurité n’est pas un problème régional ou national, mais mondial. La filière cybersécurité est confrontée à une pénurie mondiale qui tourne autour de 3 millions de personnes qualifiées, selon les données de différents rapports. 5000 postes sont à pourvoir en France métropolitaine, d’après de récentes données de la branche française de la firme PwC. Le département du Commerce des USA pour sa part fait savoir que 465 000 postes en cybersécurité cherchent preneur.
Une publication sur le site web de Colonial Pipeline pour le poste de responsable de la cybersécurité indique que ce dernier est à pourvoir depuis plus de 30 jours. Les responsabilités du poste comprennent « la gestion d'une équipe d'experts et de spécialistes certifiés en matière de cybersécurité », ainsi que la direction « du développement de la stratégie d'entreprise en matière de cybersécurité ». L'annonce indique également que le candidat sélectionné « supervisera le développement de normes et de processus pour la cybersécurité, dirigera la reprise après des incidents de sécurité et guidera les analyses médico-légales des incidents ». L'entreprise recherche « une personne ayant une bonne compréhension des menaces émergentes en matière de sécurité afin de concevoir des politiques et des procédures de sécurité pour atténuer les menaces dans la mesure du possible. »
Les exigences du poste comprennent un diplôme en informatique, en sécurité de l'information ou dans un domaine connexe. Colonial pipeline recherche également une personne ayant « idéalement plus de cinq ans d'expérience technique dans le domaine de la sécurité de l'information et, en outre, plus de cinq ans d'expérience pratique dans un rôle de réponse aux incidents ». Mais l'entreprise préfère que le candidat soit titulaire d'une maîtrise et ait au moins huit ans d'expérience. Sa parution fait suite à une attaque par ransomware qui a bloqué les activités de l’entreprise qui gère un oléoduc vital utilisé pour acheminer l'essence, le diesel et le kérosène des raffineries de la côte du Golfe du Mexique vers les points de distribution de la côte Est des USA. Colonial Piepline s’appuyait sur une version vulnérable et obsolète de Microsot Exchange que les pirates ont exploitée. L’exemple illustre une pratique courante dans l’industrie : réagir plutôt que faire dans la prévision en prenant en compte les aspects en lien avec la cybersécurité plus tôt dans le processus d’implémentation de l’infrastructure informatique.
Quelles solutions ?
En France, le gouvernement souhaite se préparer à toute attaque éventuelle et prévoit pour cela un plan de renforcement de la résilience de son cyberspace. L’objectif global via ce dernier est de développer le secteur de la cybersécurité. Il intègre deux objectifs spécifiques à savoir : faire émerger de nouveaux « talents français », et renforcer la résilience du secteur public. Ce plan intervient alors que le pays a été récemment confronté à deux cas d'attaques, notamment celles contre les hôpitaux de Dax et de Villefranche-sur-Saône.
Le point qui attire le plus l'attention est le budget prévu par le gouvernement pour atteindre ces objectifs d'ici cinq ans. En tout, l'État français prévoirait de consacrer 1 milliard d’euros d’investissements à ce secteur au cours des cinq prochaines. Selon les informations actuellement disponibles sur le sujet, la moitié de ce budget proviendrait directement des caisses de l’État. Ceux qui seront chargés de la mission devront œuvrer pour...
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