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Des patrons en panique achètent des « logiciels espions » pour garder un œil sur la productivité des travailleurs à distance
En pleine pandémie de coronavirus

Le , par Patrick Ruiz

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En cette période de pandémie de coronavirus qui a commencé par forcer la plus grosse expérience de travail à domicile en Chine, le télétravail s’est étendu à l’échelle globale. Des exemples d’entreprises comme Twitter qui a passé la totalité de son staff en mode travail à distance sont donc légion. Dans le processus, les employeurs recherchent des moyens de garder la main sur la productivité des travailleurs, de la contrôler, de la stimuler. C’est ce qui explique que les outils de travail collaboratif en ligne ont le vent en poupe.


Certains aux noms très évocateurs quant aux possibilités qu’ils offrent font l’objet d’acquisition par les patrons. ActivTrak, un logiciel de suivi de la productivité, est l’un de ceux-ci. Il recueille des données sur la fréquentation des sites web par un employé ainsi que sur les autres applications dont ce dernier fait usage. En s’appuyant sur le soft, l’employeur a aussi la possibilité d’avoir un aperçu du comportement en temps réel du travailleur.


En fait, la liste est plus longue et inclut des outils comme Interguard, Time Doctor, Teramind, VeriClock, innerActiv ou encore Hubstaff. « C’est comme avoir une caméra de surveillance qui pointe en permanence sur l’ordinateur d’un travailleur », explique l’éditeur d’Interguard à propos de son produit. L’éditeur de la solution Time Doctor lui emboîte le pas dans une publication parue sur son site web en reconnaissant le côté intrusif de ces solutions. « Nous ne sommes pas aussi big brotherish que nos concurrents », précise-t-il.


Au-delà de la question liée à la vie privée des travailleurs (c’est quand même un œil constamment ouvert sur le domicile d’un tiers), la question de fond est de savoir si la surveillance active peut permettre de mesurer la productivité d’un travailleur. En passant en revue les fonctionnalités que ces outils mettent à la disposition des utilisateurs, un début de réponse est possible.

En effet, appliquée à la situation d’un développeur en mode télétravail, la solution Time Doctor a mis en avant le fait qu’il y a des jours où ce dernier reste productif près de 15 h.


En sus, elle a révélé que cet employé s’est penché sur une tâche qui lui a pris près de 54 heures en 5 jours, soit un peu plus de 10 heures par jour.



C’est des chiffres à éclairer à la lumière de statistiques sur la productivité sur une journée de travail. Dans une publication parue il y a 3 ans, Invitation Digital Ltd – une firme de marketing basée au Royaume-Uni – apporte des éléments. Son étude a porté sur près de 2000 (1989 pour être exact) employés de bureau (à temps plein) âgés de plus de 18 ans et disséminés sur l’ensemble du territoire du Royaume-Uni. En réponse à la question de savoir s’ils se considèrent productifs tout au long d’une journée de travail, la grande majorité (soit 79 %) avait répondu non. D’après les résultats de l’étude, seul le cinquième (donc les 21 % restants) a répondu par l’affirmative. Le sondage avait ensuite révélé que la durée moyenne de productivité sur le lieu de service est de 2 h 53 mns, soit moins de 3 h.

D’après l’enquête, si les travailleurs se retrouvaient avec moins de 3 h de productivité sur une journée de travail c’est parce qu’ils étaient la plupart du temps distraits par des activités comme : surfer sur les réseaux sociaux – 47 % (des répondants au sondage) ; lire les sites Web d'actualités – 45 % ; discuter des activités en dehors du travail avec des collègues – 38 % ; préparation de boissons chaudes – 31 % ; pauses cigarettes – 28 % ; messagerie texte et messagerie instantanée – 27 % ; manger par petits bouts – 25 % ; faire de la nourriture au bureau – 24 % ; téléphoner à son partenaire/à ses amis – 24 % ; recherche d'un nouvel emploi – 19 %. Bref, un ensemble de facteurs aisément applicables à la situation de tiers en télétravail.

Le problème avec la métrique employée dans le cas du travailleur de la filière programmation informatique dont on a fait mention est que malgré des chiffres élevés (productivité sur 15 h par jour, etc.), le retour de l’employeur n’était pas positif. Autrement dit, le travail n’était pas effectué, ce qui pose le problème de la pertinence des éléments de mesure utilisés. Néanmoins, des fonctionnalités additionnelles de l’outil Time Doctor ont révélé qu’il se servait d’une application pour simuler une activité de la souris.

Source : billet de blog

Et vous ?

Que pensez-vous de l’utilisation de tels moyens pour juger de la productivité d’un développeur ?
Y a-t-il une certaine pertinence pour les employeurs à faire usage de tels outils ?
Selon vous, sur quels critères doit-on s’appuyer pour juger de la productivité d’un travailleur de la filière programmation informatique en particulier ?
Accepteriez-vous de travailler en étant surveillé de façon aussi active ?

Voir aussi :

Twitter encourage fortement tous ses employés du monde entier à travailler à domicile pour réduire la probabilité de propagation du coronavirus
Coronavirus : après avoir recommandé le travail à domicile, Twitter demande à ses employés de travailler chez eux, une mesure adoptée par les grandes enseignes de la tech comme Google
Télétravail : cinq raisons pour lesquelles les entreprises lui disent non, Gagnerait-il à être plus largement adopté ?
Le coronavirus ralentit la production d'écrans LCD, et les prix des TV et moniteurs devraient monter en conséquence, cinq usines de fabrication à Wuhan étant actuellement touchées, selon un rapport
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 30/03/2020 à 10:43
Citation Envoyé par myspy Voir le message
Ils se rendront très rapidement compte que la productivité s'améliore en télétravail et qu'ils gaspillent leur argent avec ce genre de logiciel 👌
Ils n'en on rien à foutre de la productivité réelle. Tout ce qui les intéresse, c'est de faire chier les autres pour exprimer leur "supériorité". La productivité n'est qu'un prétexte. (enfin, sauf les bons chefs, mais ils sont rares, et n'imagineraient pas partir avec ce genre de logiciels de toute façon)
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Avatar de JackIsJack
Membre averti https://www.developpez.com
Le 28/03/2020 à 17:20
J'ai l'impression que cet article mélange le récent succès de Teams et... d'affreux logiciels d'espionnage.

D'où provient l'affirmation qu'il y a une hausse des ventes des logiciels espions ?

En France, ce type de pratique est interdit par la CNIL, sauf dans de rares exceptions.
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Avatar de TJ1985
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 03/04/2020 à 10:11
Quelques questions :
- Si on ne peut pas faire confiance à ses employés, pourquoi les employer ?
- Si le travail est fait correctement, qu'importe le nombre d'heures ?
- Si, à la maison, on "profite" du télétravail pour passer des vacances, pourquoi poursuivre dans cet emploi ?
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Avatar de myspy
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 29/03/2020 à 17:54
Ils se rendront très rapidement compte que la productivité s'améliore en télétravail et qu'ils gaspillent leur argent avec ce genre de logiciel 👌
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Avatar de cedric57
Membre averti https://www.developpez.com
Le 02/04/2020 à 23:32
J'ai eu 3 employé à distance. Les deux premiers étaient payés à l'heure mais sans bonus. Leur productivité était vraiment pourrie…toujours des excuses.
Mon dernier employé est payée à la tache…c'est au moins fois 10 en terme de productivité (je suis moi-même impressionné). Je lui donne même régulièrement beaucoup de bonus car pour la première fois de ma vie j'ai réussi à rentabiliser un salaire.
Par contre, ce n'est pas toujours facile à appliquer pour toutes les professions…et pas forcément pour toutes les personnalités.
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Avatar de TJ1985
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 03/04/2020 à 10:15
J'ai un feedback d'une grosse boîtes née de l'OpenSource - Linux, récemment fusionnée à IBM, qui travaille beaucoup en télé-travail au plan mondial. Ca demande de l'organisation, mais ça marche remarquablement bien. Beaucoup d'indépendance, des comptes-rendus à heures régulières, des points de situation en cours de journée, ce sont de vraies journées de travail, avec un début, un horaire, une pause midi, une fin de journée avec point.

Pas trop de place pour aller divaguer et boire des coups. Et c'est normal. Je ne pense pas qu'ils installent des logiciels espions sur leurs postes, ça ne semble pas logique dans le contexte.
3  0 
Avatar de Mister Nono
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 11/04/2020 à 15:56
Bonjour,

Franchement il n'y a pas besoin de caméra ou autre dispositif espion pour savoir qui travaille ou non. Il suffit de regarder les livrables. De plus avec le versioning on peut savoir qui travaille bien ou non.

A+
2  0 
Avatar de Mingolito
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 28/03/2020 à 18:00
Il y a rien d'interdit si c'est pas fait en cachette et si le salarié/prestataire est prévenu.
Donc logiciel espion installé en cachette : non
Logiciel de gestion/équipes/projets/travail collaboratif/... de salariés/prestataire en télétravail : Oui

Chaque entreprise a besoin de trouver sa solution, la meilleure étant de pouvoir quantifier et qualifier le travail véritablement fait, mais faute de pouvoir le faire il y a les autres solutions.

En fait un salarié peu être bien aller au bureau et ne rien foutre, ou être en télétravail et super bien bosser, du coup une entreprise performante aura déjà pris les devant et mis en place une organisation de contrôle de la quantité et de la qualité du travail réalisé, avant la crise, et du coup si c'est bien fait le passage vers le télétravail ne pose aucun soucis en théorie. Les entreprises en "panique" sont celles qui n'avaient aucun processus de gestion de projets et de suivi du travail et qui doivent le faire dans l'urgence.
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Avatar de calvaire
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 05/04/2020 à 18:44
si ces patrons paniquent c'est qu'ils sont mauvais...
une boite en info a minima sérieuse ne devrait rencontrer aucun probleme, moi dans moi boite j'ai pas eu de probleme particulier a travailler depuis chez moi, le télétravail existait déjà avant dans ma boite (1/2 semaine max) donc 100% de télétravail ne pose aucun soucis
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Avatar de chrtophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 09/04/2020 à 11:58
Je vais être horrible mais :

Si on ne peut pas faire confiance à ses employés, pourquoi les employer ?
A défaut de "mieux" : le salarié est un moyen de production pour l'entreprise : un salarié hautement qualifié n'est pas forcément facile à trouver, et coute de l'argent à l'entreprise, mais c'est un investissement. Un salarié faiblement qualifié utilisé pour une tache ne nécessitant pas de qualification ne coutera pas cher,le recrutement à ce niveau étant nivelé par le bas , mais l'entreprise n'en attendra pas grand-chose et même pas de la confiance, "justifié" aussi pour le peu de considération de cet élément facilement remplaçable.

Si le travail est fait correctement, qu'importe le nombre d'heures ?
Si tu travailles correctement et que le travail est fait en 4h au lieu de 8h pour lesquelles tu es censé être payé, ça veut dire qu'on peut te donner le double de travail.

Si, à la maison, on "profite" du télétravail pour passer des vacances, pourquoi poursuivre dans cet emploi ?
Parce que payé à rien foutre est plus rentable pour un salarié que d'être payé pour trimer.

Il ne faut pas se voiler la face :
L’intérêt d'une entreprise est d'obtenir le plus de travail d'un employé pour le salaire le plus bas. L'intérêt d'un salarié est d'être payé le mieux possible pour en faire le moins possible.
A partir de là on va se retrouver avec des cas extrêmes ou des grands groupes vont se comporter limite comme des esclavagistes, et aussi des extrémistes syndicaux qui vont passer leur temps à râler pour un oui ou pour un non. Mais on va se retrouver aussi avec des gens avec un comportement normal.

Quand les acteurs économiques ayant des visions et objectifs opposés sont assez intelligents, ils essayent de faire converger leurs oppositions pour faire du gagnant-gagnant.

le télétravail : ça permet aux salariés de bosser dans leur jardin, peut être un peu moins que dans des bureaux, mais ça permet à l'employeur de réduire le coup des loyers en ayant des locaux n'accueillant jamais 100% de leurs salariés : c'est gagnant-gagnant. On pourra mieux se concentrer chez soi que dans un openspace.
On est pas opérationnel 8 heures par jour, aucun intérêt de faire de la figuration pour pointer. Ca peut permettre aussi aux parents de mieux concilier leur vie de famille, en étalant par exemple leur journée de travail. Une personne épanouie sera plus efficace/productive, fera moins d'arrêt maladie. C'est encore une fois gagnant-gagnant.
Une pointeuse permettra au RH de reprocher un retard de 5mn à un salarié, mais permettra aussi au salarié de partir à l'heure pile au lieu de rester 5mn de plus pour finir. Ca peut aussi servir à laisser une plage de liberté de travail au personnel (faire 8h-17h ou 9h-18h par exemple), tout dépendra dans quel but ce sera mis en place.
Une ambiance exécrable dans une entreprise génèrera un turn-over qui sera un cout pour l'entreprise. Personne n'est gagnant.
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