
L’histoire remonterait au printemps 2017 où Mined Minds, une organisation à but non lucratif bien connue des autorités du pays et de l’État de Virginie-Occidentale a fait savoir qu’elle enseignerait la programmation informatique à l’école de Virginie-Occidentale à plusieurs personnes qui participeront à un camp d’apprentissage et s’engage de ce fait à leur trouver des emplois bien rémunérés dans de grandes entreprises. Selon le NYT, ils ont été nombreux à s’inscrire au projet de Mined Minds. De nombreuses personnes ont quitté leur emploi et d’autres sont des étudiants qui ont abandonné leurs études pour la perspective d’une carrière stable et lucrative. Seulement, selon le quotidien américain, cela n’est jamais arrivé.
Presque aucun de ceux qui se sont inscrits à Mined Minds ne travaille actuellement dans la programmation. La plupart ont décrit Mined Minds comme étant une opération erratique, dans laquelle les garanties s'évaporaient brusquement et les licenciements semblaient inévitables, laissant les gens recommencer à la base des emplois salariés qu'ils avaient laissés. De plus, le seul à avoir obtenu le diplôme promis par Mined Minds est aujourd’hui livreur. « C’était une affaire trop belle pour être vraie », a déclaré Billyjack Buzzard, âgé de 33 ans, qui était le seul ancien mineur de charbon de la Virginie-Occidentale à avoir terminé ses cours et obtenu un emploi dans le programme. Il a été renvoyé après 14 mois et est retourné miner sous terre. Ce sont là quelques-unes des raisons qui ont poussé certains anciens élèves du programme de Mined Minds à intenter une action en justice contre l’organisation.
D’après ce que rapporte le NYT, le modèle pour Mined Minds, du moins au début, était le suivant : un camp d'entraînement gratuit de 16 semaines pour le codage, suivi par des « apprentissages rémunérés » avec la branche à but lucratif du programme, une société de conseil en logiciels. Les apprentis ont travaillé à plein temps sur des projets pour des clients de l'entreprise, mais ont également été appelés à enseigner dans les classes où ils avaient obtenu leur diplôme quelques mois auparavant, a révélé le journal. Après avoir travaillé pendant quelques mois, les apprentis allaient soit occuper des emplois salariés dans la société Mined Minds, soit dans une grande entreprise de technologie telle que Oracle, une chose qui n’est jamais arrivée.
Pourtant, certains estiment que même si le programme avait abouti pour la plupart d’entre eux, ils auraient du mal à devenir de bons développeurs et à s'intégrer. Selon eux, il ne suffit pas d’un coding camp de seize semaines pour espérer travailler dans une firme comme Oracle. C’est comme l’a évoqué dans un article en 2015 Kamil Lelonek, lui-même développeur, que tout le monde ne peut pas être développeur et qu’il fallait disposer d’un minimum de prérequis. Selon lui, les gens se tournent le plus souvent vers le développement non pas par une véritable ambition, mais pour gagner énormément d’argent et ils pensent que savoir coder leur garantirait un emploi, leur épargnant ainsi le chômage. Cependant, continue-t-il, ce que ces gens oublient, c’est qu’être développeur ne signifie pas juste de savoir coder ou encore que finir un tutoriel ne fait pas de vous un développeur averti.
Les conclusions de Kamil Lelonek se résument à ce que la programmation n'est pas un secteur d'activité pour tout le monde, car devenir développeur requiert certaines conditions à savoir de l'abnégation, de la passion et l'envie d'apprendre. L'enthousiasme est crucial lorsque vous voulez faire votre travail de la meilleure façon possible. Vous devez comprendre la programmation, les concepts sous-jacents, l’architecture logicielle, et des modèles de conception. Une syntaxe ne suffit pas, sauf si vous voulez devenir un singe développeur. Le programme de Mined Minds a-t-il jugé ses recrues incompétentes en les recalant tous ou s’agit-il vraiment d’une tromperie comme ces derniers le clament ?
On ne saurait affirmer cela totalement. D’après les faits rapportés par le New York Times, les élèves ou étudiants du programme de Mined Minds manquaient de supports didacticiels pouvant leur permettre de réussir efficacement leur initiation à l’écriture du code informatique. Les étudiants seraient affectés à une tâche et passeraient les prochains jours à essayer de la résoudre, principalement par eux-mêmes. De plus, plusieurs d'entre eux ont témoigné que lorsqu’ils avaient des difficultés pour résoudre un problème donné ou lorsqu’ils avaient des questions et qu’ils demandaient de l’aide ou d’assistance, il leur a été répondu à plusieurs reprises de se « référer à Google ». Une chose qui a installé de la frustration au sein des membres du programme d’étude.
À part ces faits, il a également été rapporté par le journal américain que les soirées arrosées dans le camp de formation étaient répétitives et que le train de vie de certains membres fondateurs de l’organisation était à la limite de la démesure. Le NYT cite les voyages dans le monde entier, des clichés pris par certains membres de Mined Minds avec une vue depuis un bureau situé dans la Trump Tower de Chicago, les bouteilles de tequila qui sont toujours renouvelées au siège de la Virginie-Occidentale et des soirées festives en Pennsylvanie. Dans cet environnement, des étudiants ont déclaré avoir participé à des fêtes où l’alcool coulait à flots et ont été renvoyés après pour « consommation excessive d’alcool ». D’autres également ont déclaré avoir été renvoyés pour ne pas avoir établi assez de connexions LinkedIn ou pour ne pas avoir lu certains livres.
Le programme semble être tombé à l’eau et n’a jamais apporté les fruits pour lesquels il a été mis sur pied. En gros, il semble que ce programme n’a rien donné, mais a plutôt suscité la colère de ses recrues. À la limite, cela rappelle la Grande École du Numérique en France, une initiative du gouvernement français établie en 2015. En effet, le programme visait à rassembler au sein d’un même label, de nombreux organismes publics et privés pour offrir des formations liées aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Au lieu de partir de zéro et créer une école pour dispenser ces formations, les autorités françaises ont préféré se tourner vers les écoles et centres de formation disponibles pour créer un réseau d’écoles pour la formation aux métiers du numérique.
Cela dit, pour 14...
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